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La pêche à la mouche est pour moi plus qu'une passion... J'essaierai de vous faire partager ces moments particuliers et toujours forts en émotions, passés au bord des rivières: joie, frustration, émerveillement... en espèrant que vous y preniez plaisir! Relâchez vos Rêves!

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Farmington River, Connecticut - Day 1

Farmy7

 

 

Farmington River, Connecticut : Day 1

8 août 2010

En ce dimanche matin, il est peu de dire que je ne suis pas bien frais au réveil. Celui-ci a sonné très tôt et le voyage, ajouté au décalage horaire, me pèse lourdement !

Après quelques péripéties (dont réveiller beau papa pour m’aider à démarrer sa voiture…), je prends la route vers 5h15. En sortant de la ville, les premières lueurs du jour me laissent découvrir les paysages du Connecticut : de grandes forêts s’étendent sur des kilomètres de collines. 

             J’arrive dans la petite bourgade de New Hartford et je trouve assez vite Up Country SportFishing, le flyshop et QG des moucheurs du coin. C’est là que j’ai rendez-vous avec Aaron (qui fait partie de leurs guides sur la Farmington).

            En entrant, j’écarquille les yeux. Le magasin est non seulement grand, mais tellement fourni ! Le présentoir à mouches est riche de tellement de modèles que mes yeux ne savent plus lequel regarder. Je parle un peu à Grady, avec qui j’avais conversé par mail. Le Connecticut étant infesté par la Dydimo, j’ai décidé de louer des waders ici, par sécurité. Grady me donne quelques pistes et m’oriente vers des mouches en h20-h22. Le cliché de la pêche aux gros steacks américains tombe d’emblée. Grady m’explique que je viens à la mauvaise période. La chaleur écrase la rivière depuis des semaines, les eaux sont basses et chaudes. La pression de pêche est forte, il y a les canoës et peu de poissons actifs. « Oh avec la BRA, j’ai malheureusement l’habitude », me dis-je.

Un grand bonhomme à la queue de cheval grisonnante s’approche et m’interroge : « Are you Christophe ? ». Ce grand gaillard c’est Bob. Il m’explique qu’Aaron va être en retard et qu’il est venu m’accueillir à sa place (6h du mat !) et m’emmener sur la rivière tant qu’il fait frais.

Les discussions s’engagent et nous prenons le chemin du premier secteur, le Trout Management Area (no-kill) pour essayer de dégoter quelques browns sauvages dans les courants. En roulant, Bob me prévient : « Tu viens à la mauvaise période ! ». Décidément… Mais le gaillard est très sympa et nous partageons visiblement les mêmes valeurs concernant la pêche (No Kill et respect des prises) et le reste. Nous nous entendons très bien et c’est déjà une réussite car un bon moment de partage entre passionnés s’annonce.

En arrivant, je constate que le coin est connu : il est à peine 7h du matin et une dizaine de pêcheurs peignent déjà les courants. Nous nous alignons aussi pour pêcher au fil. Je pêche ainsi ¼ d’heure et je change de technique. Je ne suis quand même pas venu aux USA pour pêcher en NAF ! La couleur de l’eau et des fonds rendent la nymphe à vue malheureusement impossible. Dommage ! Le temps est chaud et couvert, j’espère donc une éclosion. Il n’y a pas encore de gobages mais je me décide quand même pour la sèche. Et je monte un peu à la recherche d’un spot plus adapté.

Farmy.jpg

Sur la fin d’un petit lisse j’aperçois quelques ronds. 5 ou 6 poissons aspirent tout doucement des insectes invisibles.  Je pense « petite émergente ». J’essaie quelques modèles en descendant de plus en plus en taille. Je manque une petite au ferrage, mais ne fais monter aucune des autres truites qui gobaient. Ca s’annonce compliqué ! Où sont donc les gentilles truites des récits venus des USA ?

Aaron nous rejoint. Nous discutons un peu et là aussi, d’emblée nous nous entendons très bien. Il m’emmène en amont sur un riffle puissant et bien régulier. « Si tu veux prendre du poisson en sèche aujourd’hui, je te conseille un montage dry/dropper (nymphe + sèche en potence). C’est un spot idéal. » . Il me tend 40cm de fluoro et une nymphe casquée minuscule : « Voilà ce qui marche ici », ajoute Aaron. Je me décide pour une petite Oreille de Lièvre en sauteuse. Je m’applique sur mes lancers revers pour bien présenter la mouche en premier. Après quelques dérives, un gobage explose en surface. Le ferrage est bon. La canne plie sous le poids du poisson. La truite ne se tortille pas en donnant des coups de tête. Elle plonge directement, tout en puissance. La belle m’offre un superbe combat, jusqu’au bout avec l’idée d’atteindre sa cache, quoi qu’il en coûte… jusqu’à ce qu’Aaron me l’épuise. En voyant la truite, je suis un peu surpris. Elle fait une quarantaine de centimètres. C’est un beau poisson à la robe dorée et tachetée de gros points noirs. La puissance dont elle a fait preuve au combat, m’avait fait espérer un plus gros poisson. Mais la petite déception s’efface vite devant le plaisir pris sur ce coup de ligne. En plus, je ne suis pas bredouille et donc déjà content.

            Aaron lui fulmine quand il décroche la mouche. « Regarde ! », me dit-il. Il retourne la truite, elle a la joue gauche ouverte en deux. Aaron est tellement furieux qu’il prend rapidement une photo de la blessure pour illustrer un billet de mauvaise humeur sur son blog… Et il relâche la truite (je n’ai même pas eu le temps de photographier ma 1ère américaine.)

            Il est vraiment en colère. Nous sommes sur la TMA, le No Kill, et il en a assez de ces pêcheurs qui ne respectent rien. Un autre cliché tombe. Aaron m’explique que beaucoup prélèvent tous leurs poissons et sont prêts à tout pour en capturer. « Ils paient leur carte, ils veulent tuer des trucs, peu importe quoi. ». Je ne comprends sa colère que trop bien…

            Mes deux nouveaux « buddies » décident de m’emmener sur un secteur beaucoup plus amont, sous le barrage. L’eau y est plus rapide, plus fraîche et bien sûr plus oxygénée. Ils y espèrent plus d’action. Farmy6

            En habitués du coin, ils exploitent très bien les nombreux postes en euro nymphing. La technique est très efficace ici. Aaron se déplace à une allure impressionnante malgré le courant et les nombreuses pierres. Il touche beaucoup de truites. Dont une très belle. La plupart ont déjà goûté à ses nymphes. Il connaît le coin par cœur. Bob, presque statique, prend lui aussi quelques beaux poissons.

 

            J’ai moi pas mal de difficultés. Je ne suis pas habitué à cette pêche d’eau rapide. D’autant plus que je suis resté en sèche. Il me faut un peu de temps pour m’adapter, même pour me déplacer. Au final, je prends deux truites de 25 et j’en rate deux jolies au ferrage. La plus grosse des deux avait pourtant sauté hors de l’eau pour prendre mon palmer. Au moment du bilan de la pause, le chat est maigre…

Bob2

            De retour aux voitures Aaron m’explique qu’il a pris avec des nymphes en h22. On est décidément très loin des clichés.

            Une camionnette s’arrête et un moustachu a l’air bougon en descend. Il parle et son accent new yorkais mange presque tous les mots au passage…  C’est Keith, dont Bob m’explique que sa réputation de moucheur n’est plus à faire. Et nous repartons dans nos discussions. Nous ouvrons nos boîtes, comparant les matériaux, les modèles, les types d’hameçons et un échangeons long moment sur le No Kill et la notion de respect des poissons. Nous sommes sur la même longueur d’ondes. Puis nous échangeons sur les cannes, les moulinets, les techniques, les rivières…  De quoi peuvent donc parler 4 fondus de pêche à la mouche ??? Le moment est, en tous cas, des plus agréables.  

            L’après-midi est déjà bien entamée et nous décidons d’aller déjeuner. Un joli restaurant nous accueille. Autour d’une bière et d’un burger, nous repartons sur notre passion. Le déjeuner dure et dure, tant et si bien qu’ils doivent renoncer à venir avec moi sur un autre secteur. Je dois refuser, à contrecœur, d’aller avec Aaron en Pennsylvanie le lendemain pour une pêche en sèche (trop loin pour le temps que j’ai, j’enrage un peu). La seconde sortie est reportée à plus tard, mais c’est sûr nous repêcherons ensemble car cette rencontre est assurément belle. Elle augure sans doute de quelques autres grands moments …

            Je pars donc pêcher seul dans un coin conseillé par Bob. La rivière est belle, le soleil est sorti. Le courant est assez régulier. Tous les 3 ou 400 mètres, de gros blocs cassent et forment du bouillon. Les canoës passent régulièrement. La rivière n’étant pas si large, c’est bien sûr assez problématique. Il y a peu de poissons dehors. Je fais quelques petites sur une fourmi parachute achetée au flyshop. J’essuie un gros refus d’une jolie 35 que je vois monter et stopper net. Et je finis par prendre 2 belles 35+ au pré coup du soir, sur un sedge à draguer monté spécialement.

Trout Farmy 5

        C’est le meilleur moment de cette pêche l’après midi. Les nombreux pêcheurs et canoës sont partis. Je suis seul sur la rivière… enfin. J’aperçois de nombreux oiseaux. Un castor énorme passe proche de moi, alors que je fais une pause sur un gros bloc.

 

            Je rate pas loin de 10 ferrages. Les truites ont un rythme spécial dans leurs gobages.  Mais je commence à comprendre. Alors que je prévoyais de faire le coup du soir, le décalage horaire a raison de moi. Je fais les 45 minutes du retour content de cette journée pleine de surprises.

 East1.jpg 

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