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La pêche à la mouche est pour moi plus qu'une passion... J'essaierai de vous faire partager ces moments particuliers et toujours forts en émotions, passés au bord des rivières: joie, frustration, émerveillement... en espèrant que vous y preniez plaisir! Relâchez vos Rêves!

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Farmington River, Connecticut : Day 2

Lundi 9/08

Epuisé, je n’arrive que vers 8h sur la Farmington, à peu près là où je l’avais laissée. Quelques pêcheurs sont présents sur le coin. Tout le monde est aimable, se salue, se questionne et fait preuve de politesse quant à la répartition des postes. J’arrive sur un grand lisse où quelques gobages ultra discrets viennent à peine percer le miroir.

Farmy8.jpg         Il me faut presque 2 heures pour faire une petite zébrée, sa robe est superbe. Pointe en 10°° et hameçon de 20. Qu’ils sont loin les clichés ! Au moindre défaut de présentation les ronds s’arrêtent. Mais les truites ne s’effraient pas, elles attendent que les choses se calment et reprennent leur activité. Il faut juste être un peu patient. Je prends quand même 2 ou 3 poissons dont le plus gros doit faire 25 cm. Que d’efforts et de difficultés pour de petites truites bien pêchues au combat.

         Tout le monde pêche en nymphe au fil et en descendant vers l’aval. Tout le monde … sauf moi qui insiste en sèche.

         Tout en haut du lisse, de gros blocs cassent le courant. Les caches sont plus nombreuses, l’eau plus oxygénée, j’espère trouver de plus jolis poissons. Il y a bien quelques ronds. Ils sont discrets et difficiles à repérer dans le bouillon. Je fais difficilement une 35 qui gobait dans un courant rapide à la sortie d’un entonnoir entre 2 cailloux. Elle me donne du fil à retordre au combat (Malgré les eaux chaudes, les truites sont très combatives). Elle arbore une belle robe dorée.

 Trout Farmy 3

         Je décide de passer en dry/dropper en utilisant la nymphe donnée par Aaron.

Les prises s’accumulent assez vite : la nymphe agit comme teaser et les poissons prennent finalement la sèche dans de grands claquements d’eau. Une bonne partie sont des riquettes, mais à chaque fois je suis surpris par leur combativité.

         Plus amont, un courant lisse mais rapide descend d’un grand radier parsemé de grosses pierres. Je repère de jolis gobages le long des 2 bordures et à la sortie du courant principal. Il est à peine midi. Je ne le sais pas encore, mais je vais finir la partie de pêche ici. En effet, le coin est passionnant : le courant semble lisse mais marbré de nombreuses petites veines. Elles rendent les dérives compliquées, mais laissent espérer de nombreux poissons.

         Je fais ici quelques belles zébrées.  L’une d’elle m’offre un beau spectacle et un grand plaisir. Je repère une grosse pierre qui casse la régularité d’un courant de bordure. Abrité à l’ombre d’une branche tombante, j’attaque le poste qui est à 7 ou 8 mètres en amont de moi, . Plusieurs passages sans signe de vie. Mais une petite voix me dit d’insister. Je pose ma mouche un peu amont à droite de la pierre. Le courant fait un S et ramène mon imitation dans la vague en aval du bloc. Une silhouette décolle du fond à grande vitesse. Je vois la truite se retourner et suivre mon parachute olive. Elle prend le temps d’observer, puis ouvre lentement le four. Quand elle en ferme la porte, je ferre. Je lis presque la surprise dans ses yeux, avant qu’elle ne se cabre en tous sens et file à toute allure en plein courant. La bataille est belle, car à chaque fois que je la crois vaincue, la truite repart de plus belle.  C’est une jolie prise. Je fais une belle photo, avant de vite la laisser repartir dans son élément. Le plaisir de la voir repartir est aussi grand que de l’avoir prise.

Trout-Farmy-4.jpg   

Je passe toute l’après midi ici. Il y a tellement de postes à prospecter. D’ailleurs, je ne suis pas le seul : des canards piscivores et un héron attendent leur heure. Je remarque d’ailleurs que plusieurs poissons portent sur leurs dos, les marques de becs plats. coincoin.jpg

 

 

Trout-Farmy-8.jpgAaron m’a prévenu que les prélèvements ont laissé peu de poissons. La rivière semble parfois vide. Mais, par moment, des éclosions de tout petits sedges crèmes font apparaître de très nombreux ronds, un peu partout. Cela dure 2 ou 3 minutes à chaque fois, mais se répète régulièrement. « Peu de poissons ? » me dis-je à chaque éclosion, n’arrivant pas à compter les ronds.

Les poissons actifs ne sont pas énormes : de 25 à 40 cm. Mais ils sont très sélectifs, m’obligeant à changer de mouche à chaque mauvaise dérive ou refus. La pêche est passionnante.

Le plaisir de convaincre une bonne dizaine d’entre eux est grand, car il faut les mériter. Ils ne supportent pas les présentations moyennes. Il me faut une grande application à chaque lancer. Même s’ils sont nombreux, chaque gobage présente un vrai défi. Qu’y-a-t-il sous ce joli rond ? Chaque prise prend du coup beaucoup de valeur, malgré la taille relativement modeste des truites.

Trout-Farmy-7.jpg

Certaines me font tourner chèvre. 2 d’entre elles surtout. Elles gobent en parallèle, un peu en amont d’une petite pierre, près de la bordure d’en face. Elles sont à la sortie du courant principal et la dérive est donc courte avant que celui-ci ne fasse draguer la mouche. Plusieurs fois je crois au succès, mais l’une comme l’autre gobe à 3 ou 4 cm à côté de mes imitations sans jamais les prendre. J’y reviendrai plusieurs fois, têtu comme je suis… Mais, je ne ferai aucun de ces deux poissons retors.

En tout, je rate une quinzaine de ferrages. Chaque truite semble avoir son rythme pour gober. Certaines doivent être ferrées rapidement, d’autres nécessitent du calme et de la patience. La forme du gobage donne l’indication et il me faut être ultra concentré et réactif. C’est passionnant mais assez fatigant nerveusement.

         Il est déjà l’heure d’aller rendre les waders loués. Au total, j’ai pris une grosse quinzaine de truites en ce lundi ensoleillé. Toute une journée de pêche et à peine 500 mètres de rivière parcourue. Malgré les dires des locaux, la densité est quand même impressionnante ! Une bonne vingtaine de truites en 2 jours, dont une moitié en dessous de 30. C’est correct pour une rivière que je ne connaissais pas.

De plus, les poissons étaient très beaux, des sauvages en grande majorité. Leur robe est splendide, pleine de contrastes. Je suis un peu déçu des ratés et de ne pas avoir cassé mon record. Mais surtout j’ai pris un immense plaisir. La pêche était passionnante. Les poissons étaient difficiles, mais la densité donne finalement sa chance au pêcheur. Et puis, je me suis permis le luxe de ne pêcher qu’en sèche (ou dry/dropper).

 

Au fond, le bilan correspond à mon niveau.

Je quitte la Farmington à regret. J’aurais aimé avoir quelques jours de plus pour la découvrir et l’apprivoiser. J’espère y revenir assez vite !

 Je repars la tête pleine d’images, la boîte à outils technique mieux remplie et riche de rencontres.

Mardi nous prenons la route… 1200 km en direction de la Caroline du Nord. Là j’aurais d’autres surprises, d’autres rivières à pêcher.

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