Overblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La pêche à la mouche est pour moi plus qu'une passion... J'essaierai de vous faire partager ces moments particuliers et toujours forts en émotions, passés au bord des rivières: joie, frustration, émerveillement... en espèrant que vous y preniez plaisir! Relâchez vos Rêves!

Publicité

Snob mais propre

Snob mais propre

petite-zebree.jpg

 

 

         Découvrir de nouveaux parcours de pêche me tient toujours en haleine pendant plusieurs jours. Une excitation particulière monte d’heure en heure. Et chaque nuit je vois en rêves de belles dorsales bleues dans les courants ou de beaux gobages à l’ombre de branches tombantes.

         Une heure avant midi, je trouve une rivière roulant de gros flots laiteux. La pluie de la veille a gonflé la rivière, rendant la pêche difficile. Mais je ne pense même pas à m’en plaindre une seconde, trop content que je suis d’enfin trouver un cours d’eau digne de ce nom.

         Le vert clair des feuillages revigorés tranche sur les mousses des pierres et branches mortes. La nature semble revivre et c’est beau.

Le ciel nuageux ouvre parfois une fenêtre où pénètrent les rayons du soleil. J’espère quelques belles éclosions. Et je décide de ne pêcher qu’en sèche. Dans ces conditions cela pourrait paraître présomptueux ou snob. Mais je n’étais pas là pour faire un score… J’étais simplement là pour me faire plaisir sans me poser de questions. Traquer les gobages ou sinon pêcher l’eau. Suivre des yeux mes mouches dévalant les courants. C’est de ça que j’ai envie.

A aucun moment de la journée n’apparaissent mes dorsales bleues préférées. Dans aucun courant je ne vois leurs vigoureux baisers claquer à la surface. Une ou deux nymphes passées dans les veines profondes donneraient sans doute de bons résultats et ramèneraient quelques beaux ombres. Mais je suis venu pour leur faire la farce en sèche. Ce petit jeu du plus malin me séduit de plus en plus.

Pendant longtemps je n’aperçois ni insectes, ni gobages. Mais je ne m’affole pas. Ca viendra sans doute. En attendant, je prends le temps de profiter de ce moment privilégié. Tranquille, à pêcher une belle rivière… Je me poste en queue des courants ou sur les fins de lisses. Et je guette la surface en quête d’un premier rond. Je reste parfois une vingtaine de minutes en place, les yeux balayant toutes les veines. Avant de monter, je passe quelques mouches sur les plus beaux postes. Rien ne se passe. Qu’importe, je respire à pleins poumons, mes yeux sont grands ouverts. Je profite…

Enfin, le long d’une bordure peu profonde, un rond se forme, discret. Sans me précipiter, je sors ma soie et observe. Bis repetita. C’est une petite. Elle gobe des émergentes. Les courants poussent, les dérives doivent être courtes. L’eau laiteuse m’assure de ne pas être vu. Je soigne mon placement. A son troisième gobage fait écho celui d’un autre poisson environ 1 mètre 50 plus haut. Ne pas poser trop amont, ne pas caler la deuxième. Un lancer en douceur, un poser précis, le poisson monte. Je ferre tranquillement, le 10°° tient. C’est une petite truite d’un peu moins de 25 cm. Elle se débat comme une diablesse. Je la décroche délicatement et l’admire quelques secondes. Puis elle repart à l’eau, filant comme une torpille zébrée.

Sa petite co-gobeuse, du même calibre, cède aussi à mon émergente cdc.   

L’après-midi se déroule ainsi. Peu de poissons sont dehors. Quelques insectes virevoltent par-ci par là. A l’occasion, le miroir des lisses se perce. Un rond ou deux. Il faut être attentif.

Le parcours est encombré et donc un peu technique par endroit. Mais les lancers et les posés s’effectuent naturellement, sans y penser. Ils roulent, se décalent. Les mouches dérives vers les gueules prêtes à les saisir. Les prises se font de ci de là, tranquillement. Je n’hésite même pas sur les ferrages, mon talon d’Achille… si douloureux quand je pêche fin.

         Oh, il y a bien quelques nœuds ou branches accrochées. Mais je pêche propre. Et jusqu’à la fin d’après-midi je prends tous les poissons ayant gobé sur mon passage.

         Je suis dedans… et je savoure pleinement. D’autant plus en repensant qu’il y a 2 mois, je n’avais même plus l’assurance lors de mes coups droits basiques. Etrange ! Y’aurait-il un pêcheur à double personnalité en moi ? En tous cas, aujourd’hui, je pêche propre. Et moi aussi.

         3 petites diablesses à la robe tachetée se décrochent. D’autres succombent à mes émergentes alors que je pêche un peu l’eau.

         Cependant, je bute sur le plus beau gobage, celui promettant le plus beau poisson. En rentrant vers la voiture, je vérifie un lisse m’ayant donné la plus jolie truite du jour. Un gobage perce 4 mètres en aval, presque sous mes pieds. Aie, je suis en face. Je n’ose plus bouger. Elle est bien postée et gobe régulièrement. Cela semble être un beau poisson. La bordure forme un petit angle et bien sûr, elle se tient derrière la cassure. Des branches m’entourent. Je n’aurai qu’un passage. Si elle ne monte pas, le dragage de fin de dérive avale sonnera la fin de la partie. Je pose bien. Il me semble que la mouche y va. Mais elle ne prend pas le courant léchant l’angle. Elle passe quelques 5 cm trop à gauche. La pointe se tend. Je suis trop limite. La mouche drague… aurevoir.

         Dommage !

         Sur le retour, je trouve encore quelques petites gobeuses d’émergentes à prendre. En pêchant l’eau ou sur gobage net.

         Une dernière petite me résiste. Mais je remonte à la voiture sans froncer les sourcils. Oh non, j’ai trop pris de plaisir avec cette dizaine de truites sauvages touchées. Ah, elles ne sont pas bien grosses. Pas de quoi susciter l’admiration ou se gargariser. Mais, il est peu de dire que cette journée fut belle !

         J’avais décidé d’être un peu snob : en sèche sinon rien. Mais ma pêche fut propre et sereine. Une somme de petits détails lentement assimilés et mis en place soigneusement. Une pincée de confiance. Je progresse tranquillement. Je prends le plaisir que mon niveau peut m’accorder. J’apprends. Si toutes les leçons s’apprenaient avec autant de plaisir…

         J’ajoute quelques photos de jolis poissons à ma bibliothèque numérique. Et quelques jolies scènes pour mes prochains rêves.

         Samedi, mon buddy Aaron arrive des USA. Ouvrir grands mes yeux et mes oreilles. Observer. Capter les détails. Etudier. Réfléchir. Reproduire. Des jours entiers derrière un excellent pêcheur venu découvrir nos rivières. Du grain à moudre et des histoires à raconter.

petite-zebree-2.jpg

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article